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la lettre du Pays-Basque

Tradition

De la neige dans la Bible

Sapin sous la neige à Bethléem © DR

 

La neige n’est pas réservée aux pays de l’hémisphère sud, contrairement aux idées reçues.

Au Moyen Age, les calendriers reproduisaient des miniatures de paysages blancs de neige et associaient ainsi la nature aux activités de l’homme au cœur des saisons.

Février de nos enfances demeurait le mois le plus froid de l’hiver et la tradition paysanne partageait la croyance que le froid et la neige purifiaient la terre et les sols des scories de l’hiver.

La bible aime à rapporter dans ces pays ensoleillés de l’Orient des citations des auteurs sacrés : « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige », disait Isaïe dans le chapitre 1, 18.

Dans un propos simple, familier et comparé à la nature qui se renouvèle de ses passions sanguinaires. « Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous et purifiez-vous », aux versets 15 et 16. La couleur rouge contrastée avec celle du blanc limpide illustrait les menées combatives de ces populations promptes aux violences et aux crimes, telle que racontées par les chroniques historiques de l’humanité, belliqueuse et amenée à combattre sans cesse. Contraste de ces cristaux blancs de la neige scintillante et lumineuse qui se distingue du rouge dans la purification même des rapports visuels des deux teintes dominantes de toute vie où le blanc comme neige est la couleur de la transparence des sentiments et des comportements personnels.

Le langage guerrier d’Isaïe poursuit son plaidoyer dans ce sens : « Si vous refusez, si vous vous obstinez, c’est l’épée qui vous mangera. Oui, la bouche de l’Eternel a parlé », verset 20.

De la neige viendra la fécondité de la terre. Telle était bien la croyance prégnante des gens de la terre. Pluie et neige qui descendent du ciel ont pour fonction d’arroser le sol pour permettre aux semences de grandir dans la terre de telle sorte que l’eau de pluie et la neige ne remontent vers le ciel sans enfanter la glaise et faire germer les semailles. Soit une forme spartiate et simplifiée de raconter le cours d’un mois de février dans l’horizon prometteur de cette saison transitoire et pleine d’espérance pour le terrien et son travail de l’hiver.

Le mystère invisible du temps se consume ainsi chaque année selon un destin qui dépasse nos volontés, car les mois d’hiver sont nécessaires pour permettre aux graines de germer comme au paysan de se revivifier au contact de la terre, en vue du mûrissement des cultures et de la nature que nul ne peut anticiper ni annoncer comme le travail de son fait.

La neige est signe de lumière, elle appartenait au monde biblique dont parlent les textes sacrés. Les quatre évangiles rapportent la surprise de ces femmes venues au tombeau de bon matin, selon leurs usages funéraires, et qui racontent l’intervention de l’ange leur décrivant la Résurrection de Jésus dans un style inhabituel pour ces pays inondés de soleil. L’évangéliste Matthieu rapporte l’intervention divine d’une force invisible venue rouler la pierre, assise dessus, ayant « l’aspect de l’éclair, et son vêtement blanc comme neige », Mt 28,3.

Les anciens devaient de toute évidence contempler ce contact du soleil et des cristaux de neige comme la réalité supérieure d’une vie de l’Au-delà du temps présent, qualifiée comme celui de la Résurrection. Une forme qui dépasse toujours notre entendement, comme la neige dans sa blancheur éblouissante dépasse la connaissance que nous pouvons en avoir, de ses forces et de ses effets sur la nature.

Le message de l’ange blanc leur donne une joie d’éternité qu’elles feront partager parmi les compagnons de vie du Messie biblique !

François-Xavier Esponde

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