Logo BasKulture

la lettre du Pays-Basque

Cinéma

D’Arménie à Biarritz et Donosti : chronique du 7ème Art au Pays Basque

Jon Plazaola, prix du film Ramón Labayen et la compagnie arménienne « Yeraz » © DR

Ce vendredi 14 septembre à la Médiathèque de Biarritz à 15h30 aura lieu la projection du film « Dis-moi pourquoi tu danses » en présence de son réalisateur Jacques Kébadian. Consacré à la compagnie de danses « Yeraz » qu’il a suivie pendant plusieurs mois, ce film met en exergue la magie et les émotions transmises par la pureté et la beauté des danses arméniennes millénaires qui racontent une histoire ancestrale et contemporaine. Pour Jacques Kébadian, « La danse comme passerelle entre un passé collectif et un présent personnel mais habitée par la mémoire. [...] Ce qui m’intéresse dans ce film c’est de raconter une histoire ancestrale et contemporaine. Et cette histoire dramatique, ce sont les arrières petits-enfants de 1915 qui la racontent avec leur corps, en nous faisant ressentir la beauté de cette danse millénaire, par des témoignages chargés d’émotion, d’humour et de pudeur. Leur passé et leur culture, ils le font partager sur la scène mais leur quotidien et leur avenir est ici dans la vie de tous les jours ».

Grâce à Christina Galstian-Agoudjian, une danseuse et chorégraphe originaire d’Arménie, est née en 2000 à Alfortville la compagnie « Yeraz » (rêve, en arménien). Celle-ci aimante des jeunes qui tous portent au cœur quelque chose de l’Arménie perdue de leurs arrière-grands-parents : cuisine, musique mais aussi deuil et colère. Par la danse, exorcisme puissant, la compagnie perpétue une tradition millénaire tout en la réinventant. La démarche artistique de la Compagnie est fondée sur une double exigence : préserver et transmettre le riche répertoire de la danse arménienne, tout en laissant une large place à la création originale. Le répertoire de Yeraz est composé de chorégraphies largement inspirées des thèmes puisés dans les traditions, légendes et Histoire arméniennes. Son originalité réside dans une approche scénique d'inspiration parfois contemporaine, délivrée des modèles classiques préexistants, pour s'ouvrir à des choix artistiques novateurs intégrant tradition et modernité. La danse arménienne est ici réappropriée, réinventée, perpétuant ainsi l'héritage d'un art toujours vivant.

Entre 2007 et 2015, le cinéaste Jacques Kébadian a filmé ces dizaines de jeunes, filles et garçons, issus comme lui-même de la diaspora arménienne. Aux nombreuses scènes de répétitions et de spectacles (dont un triomphe à L’Olympia), s’ajoutent quelques interviews. Christina Galstian, dont on mesure l’exigence, l’inventivité et la sensibilité, est l’âme de cette aventure artistique. A force de travail et de passion, elle parvient à tirer le meilleur de chacun, à faire passer par la danse le trop plein d’énergie et d’émotion que ces jeunes peinent parfois à exprimer. Du traumatisme collectif naissent des spectacles qui exaltent à la fois le pays perdu et les rêves d’une jeunesse d’aujourd’hui. A Beyrouth, la troupe en tournée parcourt sous les vivats les rues du quartier arménien. Après un nouveau triomphe sur scène, le rêve se conclut (provisoirement) par un mariage non moins chorégraphique à la cathédrale arménienne de Paris.

Héritière d'une tradition populaire et rurale, la danse est une composante indissociable de la culture arménienne. Elle appartient au génie artistique ancestral des Arméniens dont la transmission s'est effectuée à travers les siècles pour s'épanouir aujourd'hui, hors des frontières de l'Arménie. Pour préserver ce riche patrimoine, des chorégraphes de renom ont entrepris en Arménie, depuis les années 70, un minutieux travail de recueil des pas et des thèmes selon les régions. Par la suite, ces danses ont été chorégraphiées et présentées sur scène par les différents Ensembles d'Etat d'Arménie.

Donostia/Saint-Sébastien : le prix du film Ramón Labayen en prélude au Zinemaldia

L'acteur Jon Plazaola recevra cette année le prix du film Ramón Labayen, du nom de l’ancien maire et député donostiar, également ministre de la Culture du premier gouvernement basque du statut de Gernika, décerné pour la cinquième année consécutive par l'association Ulialde Elkartea, du quartier de Gros (Saint-Sébastien). La cérémonie de remise des prix aura lieu le 28 septembre, coïncidant avec le Festival international du film « Zinemaldia » de Saint-Sébastien qui se déroulera du 21 au 29 septembre avec l’actrice française Isabelle Huppert comme invitée d’honneur et où l’on verra, entre autres, une vingtaine de films basques dont deux coproduits au Pays Basque Nord par « Gastibeltza Filmak » : « Jainkoak ez dit barkatzen » du baigoriar Josu Martinez et « Gure oroitzapenak », consacré à l’écrivain et poète basque Joseba Sarrionandia et auquel ont participé Josu Martinez et le luzien Itziar Leemans (billeterie et renseignements sur sansebastianfestival.com).

Jon Plazaola, originaire d’Urretxu, très connu pour sa participation à la série télévisée « Aquí abajo », avait débuté sa carrière à la chaîne de TV basque Euskal Telebista (lancée par Labayen quand il était ministre de la Culture, qui avait également beaucoup œuvré au profit du festival « Zinemaldia ») en tant que présentateur du programme « Europa Euskeraz ». Par la suite, il a participé à de nombreuses émissions en tant qu'acteur, présentateur et scénariste.

Alexandre de La Cerda

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.