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Musique

Coup de projecteur sur l'Ensemble Orchestral de Biarritz

Yves Bouillier avec Christian Morin (de Radio Classique) © DR

Les deux derniers concerts de l'Ensemble Orchestral de Biarritz ont bénéficié d’un énorme succès, tant à la cathédrale de Bayonne où il avait interprété le mythique Requiem de Mozart (notre « Lettre » du 16 novembre) qu’à la Gare du Midi, remplie également à ras-bord pour un répertoire « dansant » propice au Nouvel-An avec des œuvres si connues… Qu’on ne les joue presque plus, hélas, du moins dans notre région ! Ainsi des deux polkas de Strauss, des danses « hongroises » de Brahms et « slaves » de Dvorak » auxquelles Yves Bouillier a su conférer cet élan, ce dynamisme et cet enthousiasme qui ont littéralement emporté la salle, tout en préservant la virtuosité technique de la « pizzicato polka », et l’infinie délicatesse, voire même la nostalgie des grands espaces finlandais de la « Valse triste » de Sibelius. Parfait ensemble et riches couleurs sonores dans la « Valse des Fleurs » de Tchaïkovsky et le plaisir enjoué du compositeur basque Guridi dans trois danses (dont un zortziko) extraites de son opéra « El Caserio ».

Créé il y a maintenant trois ans, l'Ensemble Orchestral de Biarritz permet aujourd'hui à près de 70 musiciens amateurs de se retrouver régulièrement tout au long de l'année pour partager leur passion pour la musique. Après de superbes émotions vécues durant l’année écoulée, son fondateur le violoncelliste Yves Bouillier souhaite formuler des vœux pour 2019 en s'adressant à toutes celles et ceux qui pratiquent la musique ou n'importe quelle autre forme d’art en amateur : « que cette année leur permette de vivre d’extraordinaires moments de plaisir et de partage grâce à l'art en général et la musique en particulier » !

Et de noter combien il est « profondément touché » de voir tous ces musiciens passionnés venus d'horizons différents, ayant des professions différentes, des parcours différents, venir deux fois par mois pour travailler ensemble avec une envie et une motivation absolument incroyables : « ils sont âgés de 14 à 85 ans et constituent maintenant une sorte de famille car cet orchestre est  avant tout une magnifique aventure humaine ». Car, il se dégage une  âme de  cet orchestre, une joie de partager simplement la musique ensemble : « Je suis admiratif des progrès que font certains musiciens qui se sont remis à travailler leur instrument comme ils le faisaient lorsqu'ils étaient plus jeunes, élèves au conservatoire de Bayonne ou dans d'autre établissements ».

Yves Bouillier pense qu'il est important de soutenir ces musiciens et l'association extrêmement « solide et efficace qui gère de manière exceptionnelle l'Ensemble Orchestral, projet qui rentre finalement parfaitement bien dans ce que le ministère de la culture réaffirme de plus en plus : à savoir la place importante que doivent avoir les pratiques musicales amateurs et collectives dans le tissu social, cette démarche artistique et citoyenne pouvant être déterminante pour l'avenir de la vie musicale sur les territoires ».

Et lui-même, qui est professeur dans un conservatoire et dont la mission première est de former des musiciens amateurs, il se rend compte combien il est primordial de permettre à ceux qui ont été élèves dans les conservatoires de pouvoir continuer à pratiquer la musique par la suite.

L'Ensemble Orchestral, comme d'autres orchestres d'amateurs en France, permet ainsi à des musiciens de ressortir leur instrument laissé rangé dans un coin de la maison. Et rien de meilleur et de plus porteur que de partager sa passion avec d'autres : « cette passion qui, associée à la force du collectif, permet de soulever des  montagnes et de s’attaquer à du beau répertoire ». Bon nombre de musiciens n'imaginait pas pouvoir un jour interpréter par exemple en concert le « Requiem » de Mozart, la « Symphonie du Nouveau Monde » ou encore le « Boléro » de Ravel.

Et de noter combien la  ville de Biarritz soutient particulièrement bien l’orchestre en lui permettant  de jouer en concert plusieurs fois dans l'année et en l’aidant à s’intégrer dans la vie culturelle locale. L’occasion pour Yves Bouillier de remercier Alain Fourgeaux, directeur des affaires culturelles de Biarritz, ainsi que Mme Castégnaide, adjointe à la Culture, pour leur fidèle soutien. De remercier également la municipalité de Tarnos ainsi qu’Arnaud Labastie, directeur de la dynamique Ecole de Musique qui depuis trois ans leur fait confiance (et ce sera encore le cas deux fois en 2019) en programmant l’orchestre dans la saison culturelle de la ville. Mais Yves Bouillier est également très heureux que le public les suive : « c'est une belle satisfaction pour ces musiciens amateurs ; cela récompense  leurs efforts ».

Le prochain programme de l'Ensemble Orchestral de Biarritz intitulé « Vous avez dit Mozart ? » permettra d'aborder trois œuvres du génie autrichien : la sérénade « La petite musique de nuit », la trop peu jouée  « Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor, basson et orchestre » et la fameuse 40ème symphonie. Ces concerts auront lieu à l'église des Forges de Tarnos le 24  mai et à l'église Saint-Martin de Biarritz le 25 mai. On retrouvera ensuite l'Ensemble Orchestral pour de belles surprises musicales à l'automne et en décembre !

L'association travaille aussi  sur un projet un peu fou pour 2020 : un échange culturel avec l'Orchestre Symphonique d'Oslo qui est également un orchestre formé majoritairement de musiciens amateurs. Car, pour Yves Bouillier, « la musique est une force, une chance,  et elle permet le partage du plaisir et le plaisir du partage » !

 

 

 Yves Bouillier avec Christian Morin (de Radio Classique)

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