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Ce samedi à Cambo : Jean-Marie Rouart évoquera Jean d’Ormesson à Arnaga

Jean-Marie Rouart et Christian Perret © DR

Ce samedi 25 mai à 17 h 30, dans le grand salon de la villa Arnaga à Cambo, les Amis d’Arnaga ont invité Jean-Marie Rouard, de l’Académie française, qui évoquera son « amitié solaire » avec Jean d’Ormesson, à propos de son nouveau livre « Dictionnaire amoureux de Jean d’Ormesson » (Plon) qu'il dédicacera.

Les deux écrivains ont partagé une amitié de près de 60 ans. Jean-Marie Rouart brosse en 201 mots-clés de A à Z, un portrait émouvant et lucide de Jean d'Ormesson. L'œuvre exclue toute forme de complaisance, les mots sont parfois durs vis-à-vis de Jean d'Ormesson que son ami n’hésite pas à qualifier d'« autocrate de mauvaise humeur ». Et de préciser lors d’un entretien sur RTL : « Je l'adorais, mais comme directeur du Figaro [de 1974 à 1977], c'était une catastrophe parce qu'il n'était pas fait pour décider » ! Tout en reconnaissant : « Il avait une conception de la littérature ludique et amusante mêlée à la vie ».

Jean-Marie Rouart ajoutera par ailleurs : « Rien n’a jamais mieux résumé pour moi Jean d’Ormesson que la formule qu’emploie Shakespeare pour définir l’amour : « l’éternité plus un jour », indique Jean-Marie Rouart, qui précise : « Personne n’a éprouvé comme lui une curiosité plus avide sur l’homme, son origine, son avenir, tout en ayant une aussi grande conscience de l’impermanence des choses et du caractère éphémère de la vie.
Tout ce que la France réunissait d’élégance, sauvegardait d’art, de légèreté et d’esprit se résumait en Jean d’Ormesson. On l’aimait parce qu’il illustrait le Français éternel, tel qu’il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l’imagination. On l’aimait parce qu’il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l’élégance de la pensée, la légèreté amusante, l’humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l’aristocratie et la méritocratie républicaine.
Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine.
La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout.
Que ce soit dans l’amour ou dans l’amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d’Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul », conclue Jean-Marie Rouart...

Membre de l’Académie française depuis 1997, ancien directeur du Figaro littéraire, écrivain, romancier et journaliste, Jean-Marie Rouart est l’auteur de nombreux romans et essais.
« Dictionnaire amoureux de Jean d'Ormesson », de Jean-Marie Rouart, Plon, 25 €.
Samedi 25 mai à 17h30, grand hall de la villa Arnaga, conférence de Jean-Marie Rouart de l’Académie française.

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