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Patrimoine

Cathédrale de Bayonne : l’éclat retrouvé des sept chapelles du déambulatoire

Chapelle Saint Martin © ALC

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Sous la direction de l’architecte en chef du patrimoine Stéphane Thouin, chargé de la rénovation de la cathédrale, les cinq chapelles polygonales de Saint Pierre, Saint-Joseph, La Vierge, Saint-Jacques et du Sacré-Cœur - flanquées de chaque côté du déambulatoire de deux autres quadrangulaires - Saint Martin et Sainte Anne, - ont nécessité un programme de restauration qui s’est achevé à la fin de l’année dernière après quelques trois ans de travaux.

Avec l’aide de la famille Lacoste qui dirige l’Atelier 32 à Tillac ainsi que l’intervention de divers corps de métier : maçonnerie pierre de taille, électricien, lustrerie, menuiserie, photographe... les décors peints à feuille d’or à la dominante rouge pourpre du célèbre Louis Charles Auguste Steinheil (1814-1885), secondé par son beau-frère le peintre Louis Meissonnier, ont retrouvés leur lumière d’antan.

Ainsi, une première tranche de travaux avait débuté par les chapelles Saint-Martin et Saint-Pierre. Suivie en 2017 de la deuxième tranche de rénovations qui comprenait la chapelle de Saint-Joseph et celle de la Vierge - avec sa petite statue sculptée par Geoffroy Dechaume (1816-1893) au-dessus de l’autel. La troisième et dernière tranche de travaux qui s’est achevée à la fin de 2018, concernait les trois dernières chapelles - celles de Saint-Jacques, du Sacré-Cœur et de Sainte-Anne dont le mur entièrement débarrassé de la suie noire est orné d’un tableau « l'éducation de la Vierge » peint par Jean Bardin (1732-1809). Premier prix de Rome en 1765,  le peintre néo-classique assura la direction de l’Ecole de dessin d’Orléans jusqu’à son décès. En 1780, sur une commande du roi Louis XVI, il avait réalisé le tableau de « l'Adoration des mages » à la chapelle du château de Fontainebleau. Remarqué par ses thèmes ayant trait à l’Antiquité et à l’Ancien Testament, thème biblique que l’on retrouve dans la toile de « l’éducation de la Vierge ». C’est dans le Temple, selon les rites apocryphes (liés à l’Ancien Testament) que l’éducation de la Vierge s’était accomplie. On peut voir Marie agenouillée, entourée d’Anne et du prêtre Zacharie ; cette œuvre,  imposante par ses dimensions, toute en hauteur, fut récemment rafraîchie avec son cadre par le restaurateur bordelais Sylvain de Resseguier.

Des efforts incessants de restauration qui rappellent qu’après ces cinquantedernières années, les artisans et des architectes furent récompensés en 1998 par l’inscription de la Cathédrale au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

La riche histoire de la Cathédrale

Bâtie entre le XIIIe et le XIVe siècle sur les ruines de l’ancienne cathédrale romane, elle  subit les outrages de la révolution de 1789 et des guerres successives : le tympan à l'entrée, les statues des portails Ouest et Nord sont détruits. Pillée, cassée de toute part, elle est  aussi la proie des humeurs océaniques.

En 1847, sans le legs de Jacques Taurin de Lormand - constitué d’une rente annuelle -, l’incroyable restauration de la Cathédrale de Bayonne n’aurait pas vu le jour !

Nommé par Mgr Lacroix, le disciple de Viollet-Le-Duc, ancien tailleur de pierre et architecte Émile Boeswillwald (1815-1896) sauva la Cathédrale du naufrage. Un travail qui s’avéra être une rénovation et une création architecturale complétée par de remarquables ornementations intérieures et extérieures représentant un bestiaire dessiné et sculpté de gargouilles à tête d’oiseau, de cochon, etc

Le clocher méridional fut doté d’une flèche - doublée d’une autre au Nord du portail occidental - de 85 mètres de hauteur.  L’une d’entre elles porte sculptée l’effigie de l’architecte Émile Boeswillwald .

Artisans, tailleurs de pierres, maçons, orfèvres, charpentiers,  maîtres verriers, sculpteurs et peintres travaillèrent sous la direction d’artistes renommés tel que le peintre-verrier alsacien Louis Charles Auguste Steinheil, issu de l'École de Nancy, qui fut aidé par son beau-frère le peintre Louis Meissonnier et Jules Courtignon pour les fresques murales du déambulatoire.

En 1862, parallèlement au chantier colossal « restauration-création » de la Cathédrale Sainte-Marie, Émile Boeswillwald avait pour tâche de construire à Biarritz la chapelle Impériale commandée par l’impératrice Eugénie. L’architecte fit appel pour le décor au même peintre-décorateur de la Cathédrale. Louis Charles Auguste Steinheil y figura la belle fresque murale centrale de Notre-Dame de Guadalupe entourée d’un halo de rayons à la feuille d’or, et y peignit quatre médaillons représentant les apôtres.

Spécialiste de l’art néo-médiéval chrétien, le critique alsacien Ménard n’avait-t-il pas dit de Steinheil : « ses dessins  possèdent deux qualités : l’exactitude minutieuse des savants et le charme de l’aspect » ? Il paraîtrait que Steinheil utilisa pour ses fresques, une technique de report semblable à celle qu'il pratiqua pour ses grands vitraux. Sous la détrempe composée de pigments naturels, on pouvait distinguer l'ébauche en noir du dessin.

A la Cathédrale Sainte Marie, entre 1873 et 1896, Steinheil orna les sept chapelles et peignit, en s’inspirant d’un style du XIII-XIVème siècle, les Saint Apôtres qui ont retrouvé aujourd’hui la lumière d’un rêve néo-gothique.

 

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