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la lettre du Pays-Basque

Exposition

Bilbao : les 110 ans du musée Bellas-Artes

Saint Pierre en larmes par Murillo (1650-1655) © DR

A l’occasion de ses 110 ans, le musée Bellas-Artes de Bilbao rassemble en une exposition 110 œuvres de ses plus belles collections européennes du XIIIème au XXème siècle dans la capitale culturelle de la côte cantabrique.

L’ancien musée Bellas-Artes fondé en 1908 fut jumelé 37 ans plus tard avec celui d’Art moderne pour être ensuite transféré au parc de Doña Casilda Iturrizar dans un bâtiment de style néoclassique combinant la pierre et la brique rouge.

Déclaré monument national en 1962, il fut remanié pour une extension supplémentaire.

Ayant bénéficié d’un salutaire coup de fouet par la proximité du Musée Guggenheim(1997), le Musée Bellas Artes de Bilbao fut entièrement rénové à cette époque.

Des centaines de millions de travaux avaient donc été nécessaires pour refondre les 14 000 m2, agrandis de plus du tiers de sa surface par l'architecte Luis María Uriarte. Les deux ailes d’origine avaient été reliées entre elles par une galerie vitrée facilitant ainsi la circulation des visiteurs.

Aujourd’hui, la collection dispose de plus de 14 000 œuvres comprenant des sculptures, des gravures, des dessins, des objets décoratifs et des tableaux plus abondants.

L'itinéraire de l’exposition y présente un échantillon de ses plus beaux tableaux en commençant par l'art roman catalan du XIIIe siècle : la sculpture en bois polychrome de la Majesté du Christ sur la Croix et les deux tableaux illustrant les épisodes de l'Arche de Noé et de la Descente.

Puis s’enchaînent les siècles : l’art gothique européen, dont la peinture flamande du XVe et du XVIe offre une gamme variée.

Le XVIIe siècle, avec la collection de baroque espagnol représentée par Francisco de Herrera el Viejo, Pedro Orrente, Juan Ribalta, José de Ribera, Bartolomé Esteban Murillo, Juan de Arellano et Claudio Coello, El Greco, Francisco de Zurbaran... On peut y voir par exemple l’Annonciation (1596-1600) d’El Greco, ou le poignant portrait de Saint Pierre en prière (1650-55) de Murillo. Ou celui de Sainte Elisabeth de Thurin ou Sainte Catherine avec son sabre et sa plume (1636) de Francisco de Zurbaran :  peintre remarquable du Siècle d’or espagnol dont l’académicienne Florence Delay dévoile la dimension sacrée en analysant la beauté de sa production dans son dernier livre « Haute couture » paru chez Gallimard (1).

Côtoyant les peintres italiens Orazio Gentileschi et Domenico Piola, et flamands, tel Anton van Dyck, de l’époque baroque du XVII s’ensuit le XVIIIème avec les aquatintes des caprices de Francisco Goya…

Puis défile la peinture française du XIXe comprenant des tableaux impressionnistes de Paul Gauguin et Paul Cézanne ...

Sans omettre les collections de peinture et de sculpture basques qui prennent leur envol à partir du XIXe, en particulier le pointilliste-symboliste Dario de Regoyos, le portraitiste impressionniste Ignacio Zuloaga qui représenta la célèbre poétesse Anna de Noailles nonchalamment allongée sur un sofa.

Des peintures impressionnistes qui donneront progressivement naissance au cubisme du XXe et à l’école basque contemporaine du groupe Gaur dont les œuvres de Jorge Oteiza, Eduardo Chillida, Nestor Basterretxea animent le paysage urbain basque.

De la création et au développement du musée dévoile la dimension sacrée, de Durrio à Zuloaga, de Losada à Arteta , le soutien des artistes contemporains fut essentiel pour l’essor de ce « centre culturel » permettant aux Basques de part et d’autres des Pyrénées de graver leur identité dans l’histoire de l’art européen.
Jusqu’au 17 septembre, exposition « 110 ans 110 œuvres » au musée Bellartes Museo Plaza, 2, à Bilbao. Entrée de 10h à 22h . Fermé le mardi
Très beau livre sur l'exposition "110 ans, 110 oeuvres" de 304 pages dont 153 en couleur 30 e

 

 

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