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la lettre du Pays-Basque

Musique

Bayonne : Musique digitale avec l’Orchestre régional !

La musique à l’heure du « Digital » © DR

Samedi 9 mars et dimanche 10 mars  au Théâtre de Bayonne,  l’Orchestre Symphonique du Pays Basque / Iparraldeko Orkestra et la Scène nationale du Sud-Aquitain proposent deux représentations du spectacle musical interactif et multimédia « CO² Cycle de lieder ». Un projet collectif porté par l’association 2d’Lyres, la Scène nationale du Sud-Aquitain et l’OSPB.

Un avant-concert est prévu le mercredi 6 mars à 18h30 au Théâtre de Bayonne, avec Patrick Defossez et les artistes du spectacle. Une rencontre avec l’écrivain, auteur des textes, Jean-Bernard Pouy, est organisée le jeudi 7 mars à 19h à la médiathèque du Centre-ville de Bayonne.

Trois séances pédagogiques auront lieu mercredi 6 mars à 16h, vendredi 8 mars à 10h et à 14h30 au Théâtre de Bayonne, exclusivement pour les scolaires.

L’occasion d’une expérience sonore et visuelle très originale.

Né de la collaboration entre deux compositeurs (Patrick Defossez et Anne-Gabriel Debaecker), un concepteur multimédia (Mathieu Chamagne) et un écrivain (Jean-Bernard Pouy), ce spectacle musical et interactif met en scène un polar surréaliste et futuriste qui, mêlant prose et haïkus, développe une réflexion sur les dérives technologiques de notre société. Dans le polar, un être humain se retrouve face à sa mue numérique. Comment séparer l’homme réel de son double électronique ? A l’ère du tout numérique, l’auteur s’interroge sur les dangers des nouvelles technologies : passerons- nous du mammifère qu’il nous est encore possible d’être au numérifère qu’il nous est imposé de devenir ?

Ce spectacle met en scène huit artistes : un acteur, une chanteuse vocaliste, un développeur multimédia et cinq instrumentistes jouant pour certains des instruments insolites, rares et fortement positionnés dans le registre grave : flûte basse, flûte octobasse, clarinette basse, clarinette contrebasse. Les parties instrumentales comportent de multiples indications de modes de jeu permettant de créer des sonorités variées et originales : bruits de clés des flûtes et clarinettes, jeu sur le souffle, sons multiphoniques, harmoniques, pizz, glissandi,... . De même, le traitement de la voix y est d’une grande diversité : parlé, crié, murmuré, chuchoté et

techniques vocales extra-européennes. Les interprètes et le public se trouvent de part et d’autre d’un écran translucide. Cet écran sert de support sur lequel sont projetés différents types d’objets visuels : le texte de J.B Pouy, les modélisations du visage de la vocaliste capté par une caméra, les interactions du public au cours de la troisième partie de l’œuvre, etc.

Cette modélisation du visage de la chanteuse constitue un personnage à part entière, sorte d’avatar numérique, à l’image du double « technologique » évoqué par J.B Pouy dans son polar. Ces modélisations visuelles peuvent être déclenchées par les sons produits par la chanteuse et/ou les musiciens (interaction son/image) mais aussi par les seuls mouvements et déplacements de la vocaliste qui, quand elle ne chante pas, joue avec son corps et son visage.

La musique composée pour le spectacle CO2 - Cycle de Lieder embrasse nombre d’esthétiques de la musique baroque à la musique mixte avec électroacoustique « live » sans oublier le jazz et l’improvisation présents en continu. Pour l’électroacoustique live,

Anne-Gabriel Debaecker dispose d’un clavier branché à un échantillonneur renfermant des matériaux sonores qu’elle a créés puis retravaillés grâce à des logiciels informatiques : une fois ces éléments déclenchés grâce au clavier, elle peut agir en direct sur leur évolution.

Elle les « sculpte », en jouant sur leur durée, leur texture, leur intensité, leur densité... . Cette possibilité d’interagir à sa guise en direct sur le matériau sonore fait que l’interprétation de l’œuvre est constamment renouvelée. Chaque exécution est unique. La chanteuse canadienne Janice Jackson, interprétant en anglais une partie du texte et des haïkus de J.B Pouy, possède une voix singulière qui, par son timbre, incarne la voix de « l’humanité » par

opposition au timbre « pur » de la voix baroque qui intervient par moments comme une ombre, reflet d’une voix « artificielle et neutre ». Elles créent un réel contraste avec la vocaliste qui, sur scène, propose une interprétation très personnelle de ces mêmes mélodies.

La question du dédoublement, au centre du polar de J.B Pouy, se retrouve ainsi au niveau visuel (la chanteuse et son avatar numérique, via son visage projeté sur l’écran) et sonore (la voix de la chanteuse et la voix off au timbre « pur »). Le traitement du texte renvoie

également à cette notion de dédoublement : tantôt en français déclamé par l’acteur, tantôt en anglais chanté par la vocaliste, voire par moments superposés. Polyphonie textuelle et de langues permettant d’improbables dialogues et relations actoriales entre l’acteur, la vocaliste et l’avatar visuel numérique (celui projeté surl’écran translucide).Enfin, l’œuvre, dans son déroulement, évolue en direct : la partition accorde une large place à l’improvisation et à l’idée d’ « ouverture ». Dans la troisième et dernière section de l’œuvre notamment, le public se voit ainsi invité à entrer en interaction avec les musiciens via des tablettes iPads circulant parmi lui !

Tous les concerts de l’OSPB sont gratuits pour les – de 22 ans !

Infos et billetterie : www.scenenationale.fr

 

 

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