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Bayonne : l’alerte centenaire Eusko Ikaskuntza imagine le futur du Pays Basque

Le congrès du centenaire a débuté à Bayonne © Eusko Ikaskuntza

Ouvert à Bayonne vendredi dernier sur une note musicale souletine, au son de l’atabal et avec les danseurs de la Soka-dantza, en présence d’une assemblée fournie, le XVIIIe Congrès des Études basques se poursuivra autour de cinq autres sessions qui se dérouleront dans les capitales basques et s’achèvera le 23 novembre à Oñati. Parmi les principaux défis du XXIe siècle, ce sont les thèmes de la territorialité, de la connaissance et de la population qui ont occupé la première journée bayonnaise. D’entrée de jeu, Yves Ugalde, Adjoint à la Culture de la Ville de Bayonne, a pointé l’importance des travaux menés par Eusko Ikaskuntza au Pays Basque, en soulignant les projets mis en oeuvre en Iparralde ainsi que le travail en faveur de la culture basque. L’élu a aussi évoqué le partenariat entre la Ville de Bayonne et l’association. Le président d’Eusko Ikaskuntza, Iñaki Dorronsoro, a souligné l’intérêt que constitue l’ouverture à Bayonne de ce congrès d'Études basques, le premier depuis la création de la Communauté d'agglomération Pays Basque, devenue par ailleurs membre du conseil d'administration de l'institution scientifique et culturelle. Eusko Ikaskuntza est donc représentée par des membres de tout le Pays Basque, répondant ainsi à son engagement envers le territoire. Notons également l’intervention d’Eguzki Urteaga, Président de l’antenne Pays Basque Nord qui fête son 25ème anniversaire.

La cérémonie d'ouverture a été marquée par la célébration de la mémoire de Jean Michel Larrasquet, président de l'institution depuis dix ans et membre actif depuis plus de 20 ans.

Les quatre grands domaines d’études inscrits à l’ordre du jour du XVIIIe Congrès, qui seront étudiés lors des sessions à venir, ont été présentés à cette occasion. Concernant le domaine de l’Euskara, plusieurs questions ont été évoquées : - Quels sont les principaux atouts actuels de la société basque qui revendique de poursuivre son développement dans sa langue ? Quels sont les principaux atouts dont elle disposera dans un futur proche ? Pour les atteindre, quelles initiatives clés la société devrait-elle définir ? En ce qui concerne la société, comment générer la confiance pour la création d’un pays cohésif et inclusif ? Est-il possible d'aller plus loin sans un système de communication approprié ? Concernant le domaine socio-économique, quels sont les moyens à court terme pour construire un nouvel État providence ? Et dans le domaine sociopolitique, quel(s) outil(s) politique(s) devons-nous imaginer ? Avec qui et comment devrions-nous réaliser ce travail commun volontaire ? Quels sont les moyens pour appuyer la démocratie basque et les relations entre citoyens ?

« Imaginer le futur » : avec pour titre « La société que nous voulons, la société que nous aurons », Jean-Pierre Claveranne, fondateur de l'Institut pour la Formation et la Recherche sur les Organismes sociaux et de Santé a défendu lors de sa conférence le territoire à l’épreuve de la globalisation et des mutations du monde, la notion de territoire comme un lieu privilégié pour relever les défis actuels et progresser vers un monde de solidarité envers tous et les générations futures.

Un attachement au territoire qui « interroge »

Nous ne résistons pas au plaisir de vous proposer à ce sujet les réflexions toujours très pertinentes et teintées d’humour de l’Adjoint à la Culture bayonnais Yves Ugalde : L'invité du colloque matinal était Jean-Pierre Claveranne, professeur émérite des universités, dans le domaine très pointu de la prospective, et auteur, entre autres, de « La gouvernance, entre utopie et pratique ». Une utopie par laquelle, pour autant, il refuse de se laisser bercer. C'est ça qui est bien !

Pour reprendre une phrase que j'ai repérée dans un croisement de communications expertes, il est de ceux qui osent « penser avec leurs pieds ». Ceux qui sont plantés dans un territoire et qui ont pour lui une ambition collective au-delà de la moyenne. Une vertu que l'intellectuel, par ailleurs très heureux de vivre à Lyon, prête volontiers au Pays Basque dont il le dit « surdoté ».

Le Professeur Claveranne peut se vanter, dans un discours clair et accessible, chaleureux aussi, d'avoir placé les chercheurs d'Eusko Ikaskuntza devant leurs responsabilités de pragmatisme. Une remarque qu'il faisait au président de l'antenne d'Iparralde, Eguzki Urteaga, en marge des tables-rondes, m'est venue aux oreilles. Toujours dans le même esprit qui consiste à envisager divers scenarii pour l'avenir de notre territoire, mais sans jamais oublier que les élus auront à y trouver des clés et des outils fonctionnels.

La conclusion du professeur qui continue à garder un pied, pour ne pas dire les deux - vous savez, ceux qui pensent ! - à Bidache, concernait notre attachement à ce pays. Un attachement au sujet duquel il s'est confié récemment à un ami, considéré comme un des plus grands neurologues du monde. Dans la série « C'est grave docteur ? », Claveranne se tournait vers lui pour savoir si ce sentiment profond d'être d'une terre, et pas d'une autre, quel que soit le don d'hospitalité de celle où le hasard d'une vie peut nous conduire, lui semblait normal ou pas.

Rien de plus normal selon la sommité « cérébrale » qui a situé sa réponse au cœur du voisinage indissociable, reconnu désormais, de nos quatre cerveaux. Et oui, parce que nous en avons quatre ! Un truc à donner la migraine...

L'attachement à un territoire relèverait du premier : le reptilien. Celui qui vous inspire la baffe contre celui qui abuse d'une intrusion chez vous ou que vous voyez rayer la portière de votre voiture. Pour l'émotion, la réflexion, voire les calculs, il y a, souvenez-vous en, (avec je ne sais quel autre des trois d'ailleurs), le limbique, le cortex et les lobes.

Donc, pas de panique, si, au Pays Basque, nous sollicitons un peu plus que les autres la partie reptilienne de notre cerveau. Le professeur, qui est en mesure de nous comparer à bien d'autres militants de territoire, nous dit plus avancés dans la réflexion et la projection vers la construction d'un avenir commun. Dont acte.

Moi qui n'aime pas vraiment les serpents et leurs langueurs insidieuses, mais qui me sens profondément reptilien, je me suis retiré, à cause ou grâce au professeur Claveranne, de cette matinée de conférences, avec un vrai débat intérieur et schizophrène. Mais ça valait vraiment le coup. Yves Ugalde

La suite du congrès

Dans l'après-midi ont été présentées à Bayonne les conclusions du projet « Imaginer l'avenir : la société que nous voulons, la société que nous aurons », résultat du travail mené par Eusko Ikaskuntza au cours des dernières années. La journée s’est achevée par une table ronde sur les défis tels que le vieillissement, la connaissance et la territorialité, animée par Iban Lizarralde et à laquelle ont participé Juliette Bergouignan, Michel Berhokoirigoin, Javier Bustinduy et Ane Echeverria Ezponda.

À venir :

- Vitoria/Gasteiz, 19 octobre Coconstruire les scenarii du futur de la langue basque (e5)

- Pampelune/Iruña, 26 octobre Société : diversité et cohésion

- Bilbao, 9 novembre Développement socio-économique : société basque et entreprises

- Donostia/Saint-Sébastien, 16 novembre Gouvernance démocratique

- Oñati, 23 et 24 novembre, Conclusion du XVIIIe Congrès et célébration du centenaire d’Eusko Ikaskuntza

Rédaction

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