Logo BasKulture

la lettre du Pays-Basque

Tradition

Athalie la Reine assoiffée du pouvoir !

La reine Athalie © DR

1 – Athalie

La Bible la représente comme une reine habitée du goût de pouvoir, assassin de ses pairs, violente et guerrière, soumise à des instincts bestiaux, adepte du culte de Baal, une figure féminine parmi les plus cruelles de l’Histoire juive.

Athalie a inspiré Racine, Flaubert, la musique et les arts, son visage est démesuré, passionnel, excessif et unique.

 Dans le Second Livre des Rois et le Deuxième Livre des Chroniques, elle incarne une royauté sanguinaire, vengeresse d’une mère agissant contre ses enfants et par retour punie d’une réponse vengeresse du peuple juif qui la condamne et la tue.

Dans cet espace violent, la figure de Joas, enfant sauvé des siens, porté au Temple et élevé dans le Lieu Saint rappelle la présence de l’Eternel qui veille sur son peuple dans les pires moments de son histoire.

Athalie et le théâtre classique de l’Antiquité tragique a inspiré Racine, le dramaturge du XVIIème siècle familier de nos (anciens?) enseignements scolaires. N’avons nous pas découvert, à l’âge pubère de l’innocence, ces textes denses, difficiles, des passions adultes et des sentiments tourmentés de toute vie ?

Le pouvoir de possession du Malin est devenu objet de connaissance, de dévoilement de l’être intérieur de chaque sujet, de la conscience en conflit avec le désir du bon et celui du mal-être pour soi et pour les autres.

Montrant la vengeance d’une mère capable d’infamies, princesse d’Israël sanguinaire dans la dynastie des Omrides, Athalie est l’épouse de Joram, roi de Juda, dont elle reçut un fils, Ocozias, qui mourut à Megguido, frappé par les armées adverses de Jéhu ou assassiné par les siens. Comme Jézabel, autre reine assoiffée de pouvoir et de puissance, Athalie était adepte des cultes de Baal, de sang et de sacrifices humains voués aux divinités de la terre.

Une reine illégitime, mentionnée à minima dans le Livre des Rois de Juda, dont la royauté fut cause de souffrances et de ruines infligées à son propre peuple.

2 – Joas, lui, représente son opposé, les sentiments et les conduites morales d’un enfant protégé par l’Eternel. Dans les Livres Saints de l’histoire du Royaume de Juda, les Chroniques et les Rois, Josabeth fille du Roi Joram et sœur d’Ocozias cache Joas, fils du  roi Ocozias, pour le soustraire au crime et préparer sa mission future du service royal de Juda. Protégé par le prêtre Joad, il sera proclamé roi et Athalie pourfendue et condamnée au glaive, le Temple de Baal et son grand prêtre Matane détruits et décimés. Le tragique de l’histoire traverse l’histoire même du peuple de l’Alliance qui connaît en ce temps-là l’épreuve interne et la division des siens. La sagesse divine viendra restaurer le règne des quarante ans, chiffre de perfection, d’un roi Joas éclairé, et spirituel dans un décor tragique de puissance souveraine illégitime et sans pondération.

 3 - Athalie est le coeur et le sujet d’excellence auquel les témoins de la tragédie portent leur regard. Scène 3 de l’acte II de la tragédie de Racine, Athalie prise d’un songe prémonitoire sur son avenir, pensé par l’auteur, convoque Mathan, le grand prêtre de Baal, et lui exprime ses indispositions : « heureuse si je puis trouver par ce secours cette paix que je cherche et qui me fuit toujours ».

Le sort tragique d’Athalie est relaté par le théâtre inspiré de l’histoire biblique antique. Comme Jézabel, Athalie se détourne de la raison, livre sa vie à la passion souveraine du pouvoir, de la possession et de la dépendance en renonçant à l’épreuve de vérité. Cependant, dans les fibres maternelles d’une mère déchirée, Athalie exprime les sentiments d’une femme anéantie, incapable de laisser place aux grâces surnaturelles étouffées par les disgrâces de ses décisions. Elle sera tuée hors du Temple de la Ville sainte, loin de l’Eternel, et comme rappelé par la tradition biblique, dans les périphéries de la vie des humains qui ont choisi le tragique de leur condition par rejet spirituel des pardons et des réconciliations.

Ne sourions pas ! Certains épisodes de l’histoire contemporainse a démontré que Jézabel et Athalie ont une postérité à l’heure où le pouvoir peut rendre fou des prétendants qui deviennent sanguinaires. Athalie et ses ambitions de pouvoir rapportés par des écrivains de génie ont enjambé le cours de la littérature et de l’histoire.

Athalie parle aux siens, Joas rejoint ses fidèles. L’auteur biblique a fait son choix. Baal et ses cultes cachés cruels et sans humanité inspirent toujours les adeptes du gain sans partage et sans mesure !

 

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.