0
Actualités
Architecture basco-landaise : les racines de l’avenir
Architecture basco-landaise : les racines de l’avenir
© ALC

| Anne de Miller La Cerda 1042 mots

Architecture basco-landaise : les racines de l’avenir

Samedi dernier, à l’occasion d’un colloque « Architecture - Villas et jardins » organisé par les Amis du lac d’Hossegor et leur président Eric Gildard, un bon nombre d’habitants de la villégiature landaise et de bien au-delà ainsi que l’association luzienne Giltzarri s’étaient réunis afin de défendre un projet commun de protection et valorisation du patrimoine dans le lieu emblématique du Sporting-Casino d’Hossegor.

Durant le colloque, plusieurs intervenants dont le président de l’association Giltzarri, Nicolas Gueriaud-Sorçabal ont rappelé l’histoire des cités avec leurs grands axes de circulation - de Paris, Hossegor à Saint-Jean-de-Luz.

« Un peuple qui oublie son passé, n’a pas d’avenir », avait exprimé l’ingénieur Jean-Jacques Fix expliquant les enjeux essentiels liés à la biodiversité. Un concept sur l’avenir du tissu urbain et  de l’habitat vernaculaire que développa l’architecte paloise Nathalie Torrejon. Un patrimoine religieux dont la remarquable église de la Trinité fut construite avec les dons des paroissiens, expliqua  Jacques Montuclard. Une architecture soulignée par l’éclairage du concepteur lumière Bernard Larrieu. Des réflexions qui furent émaillées par les interventions poétiques en parallèle avec la littérature de Simone Lago sur les jardins et les plantes locales, du  pin, du chêne liège de « la maison du retour » de Jacques Kaufmann à la bruyère de Mademoiselle de la Ferté roman de Pierre Benoît…au jardin potager qui se développe de plus en plus à cause de la mal bouffe.
Après d’autres intéressantes interventions, le maire d’Hossegor, Xavier Gaudio enchaîna sur le problème des haies trop hautes dues à l’insécurité ou les grillages non en harmonie avec le cadre local.

Une occasion pour Eric Gildard et l’agent immobilier Michel Capdeville, membre des Amis du Lac, de présenter leur livre (1) : « Hossegor, Architecture basco-landaise, style des villas et beauté des jardins » édité par « Lac et Lande ». Un bel ouvrage très complet qui se compose d’une liste très exhaustive sur les réalisations de la villégiature depuis le début de sa création. A la fin du XIXème siècle, sur les communes du  littoral landais, à l’initiative de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Nicolas Brémontier, furent aménagées des dunes de sable et des pins plantés de manière à assainir et donner naissance à l’une des plus belles villégiatures situées entre le lac et la mer : Hossegor. Un développement qui ne fit que s’accroître avec l’arrivée du  chemin de fer promu par Napoléon III qui fit construire pour l’Impératrice la Villa Eugénie à Biarritz permettant de drainer les premiers touristes sur le littoral.

A partir des années vingt, Hossegor devint un écrin pour un groupe d’architectes qui créèrent le style basco-landais en s’inspirant de l’architecture basque de la ferme labourdine et de l’Art Déco issu du mouvement cubiste. Un style qui utilise le béton comme clef de voûte adapté aux Landes ornant les  façades des villas par des colombages souvent entrelacées de briques disposées en fougères sous de larges avant-toits …

Une manière de tisser une toile de fond afin de mieux comprendre les enjeux et le devenir de l’architecture basco-landaise d’Hossegor. « L’idée est de créer un prix d’architecture afin de accompagner les transformations ». Déjà en 1930, au cours de son Assemblée générale, la première association des Amis du lac avaient émis cette proposition : « Les Amis du lac ont décidé de créer un prix annuel d’architecture : ils ont estimé qu’il y avait lieu, dans ce moment de grand développement touristique et économique, d’encourager les artistes et les propriétaires à maintenir, dans ses grandes lignes la maison landaise. Il serait déplorable qu’elle disparût chassée par le type odieux de la banale petite maison des environs de Paris. Il y a une tradition à maintenir, une beauté à glorifier : les Amis du lac s’y emploieront de toutes leurs forces ; ils ont la certitude que leurs efforts ne seront pas vains ». Pour des raisons diverses, le prix n’avait pu voir le jour… Mais 82 ans plus tard, les Amis du lac d’Hossegor de 2018 réalisent ce formidable projet de prix d’architecture décerné en collaboration avec l’association luzienne Giltzarri : une délégation (4 pour Hossegor et 4 pour Saint-Jean-de-Luz, dont Jean-François Larralde, Jean-Jacques Fix, Michel Capdeville, Eric Gildard, Rose Grièco, Nicolas Gueriaud-Sorçabal) a mis au point les derniers détails de ce Prix qui sera remis dès l’an prochain afin d’encourager les propriétaires et les architectes autour d’une idée commune : défendre et protéger l’Architecture, son environnement, le cadre de vie. « Les deux stations océanes – qui n’ont ni la même taille, ni la même histoire - sont pourtant reliées par de nombreux points communs dont, avec les grands architectes Godbarge ou Gomez, les créations architecturales avec, pour Hossegor, la spécificité du style « basco-landais ». Les deux associations élaboreront dans les mois à venir ce projet, sa signification profonde, son engagement et ses conséquences en « l’enrichissant des réflexions de professionnels, d’élus, de responsables divers et de tous ceux qui s’intéressent au Patrimoine et à l’identité régionale afin d’associer le formidable passé fait de qualité et de beauté à l’évolution du monde présent. Il a des réflexions à mener, des actions à engager, des solutions à trouver. Les deux associations auront besoin du concours de tous leurs adhérents et bien au-delà. Le défi est lancé »

Espérons, comme l’ont exprimé plusieurs participants à ces journées, que seront bannies les toitures plates qui bourgeonnent partout par leur uniformité ennuyeuse à l’heure du mondialisme et les maisons dites jetables cause de pollution et de déséquilibre. Le but n’est-t-il pas de conserver ses racines face au mondialisme ?

La journée s’acheva avec la pose par le maire d’Hossegor Xavier Gaudio et Eric Gildard (dont c’était l’initiative) d’une plaque place des Basques – près de la plage - en mémoire des créateurs du style basco-landais, des architectes Claude Henry Godbarge et des frères Louis et Benjamin Gomez, aidés de confrères et d'artisans locaux qui conçurent le front de mer (1923 – 1939) : une manière de pérenniser les racines de l’architecture basco-landaise.

(1) Un ouvrage de 225 pages (grand format ) réalisé tout en quadrichromie avec plus de 400 photos et documents… Une bible concernant l’architecture, les villas et leurs jardins, mais aussi, les barthes et l’environnement… Une somme d’informations indispensables à la connaissance en profondeur de la cité… L’ouvrage vendu 25 €, n’est pas disponible dans les librairies. Commande aux Editions « Lac et lande » 23 ave Edmond Rostand – 05 58 43 42 40

 

Répondre à () :

| | Connexion | Inscription