Logo BasKulture

la lettre du Pays-Basque

Tradition

André, le pêcheur de Tibériade, fêté le 30 novembre

« Au service du pavillon de Saint-André » (marine russe) © DR

André surnommé « le viril, était un pêcheur de Galilée sur le lac de Tibériade, comme son frère Pierre. Figure attachante, sobre et authentique, comme le sont ces hommes aguerris exposés au soleil de la Méditerranée et que l’on croise au détour d’un voyage d’agrément. Ils nourrissent la population de cette nourriture basique qu’était, à l’époque, le poisson.

On le disait proche de Jean le Baptiste que l’histoire présente comme un Essénien rude pour les uns, un prophète du désert pour d’autres… « Le premier appelé » auprès de Jésus, présenté de toute évidence par Jean le baptiseur et considéré par la tradition orientale comme le leur. Le poumon de l’Orient le plus ancré en ces terres de la naissance des chrétiens vénère cet homme illustre pour eux.

Il a sillonné ces terres environnant la Mer Noire, la Mésopotamie, la Syrie, le Danube, la Crimée et Byzance, la belle Constantinople devenue Istanbul au détour de l’histoire, mais bien chrétienne en son origine, puis la région du Péloponnèse.

L’histoire de son martyre renvoie à Néron, connu par ses « œuvres » et sa cruauté envers les chrétiens : André sera pendu sur la croix à Patras en l’an 60 de notre ère pour avoir, selon la légende, converti une femme influente de la Cour au Dieu des chrétiens, ce qui pour l’époque était l’apostasie majeure du culte rendu obligatoirement à l’empereur au sein des populations de l’Empire romain. « Sacrifier aux idoles ou mourir sur la croix », telle était sa devise. Il choisira de ne pas renier son Maître et Seigneur plutôt que de livrer ses dévotions au florilège des adorations de temples disséminés dans l’agora des cités.

Les Roumains et les Ukrainiens le vénèrent, la Marine russe a placé ses hommes et ses flottes sous son patronage, jusqu’à nos jours. L’écosse en a fait son patron. La marine belge a maintenu son patronage sur ses bateaux.

Le récit hagiographique de sa vie commence dès le IVème siècle autour des reliques conservées en Orient à Constantinople et volées par les Croisés pour les transférer en 1208 à Amalfi en Italie : au prix de quelques zèles intéressés, ces reliques si convoitées au Moyen Age n’avaient-elles pas fait l’objet des croisades de nos armées occidentales au nom d’une juste cause, la défense de la Terre Sainte ? Avant d’être restituées par Paul VI au patriarche Athénagoras, au cours de cette mémorable visite effectué par le pape romain à son homologue orthodoxe en 1964 ! L’histoire rapporte que la décision papale ne fut pas unanimement acceptée, mais qu’importe : la réconciliation en vue des catholiques et des orthodoxes avait, aux yeux du souverain pontife, plus de prix que la propriété de ces reliques qui appartenaient aux chrétiens d’Orient et furent déplacées pour diverses raisons.

Dans le diocèse de Bordeaux, la cathédrale porte le nom de l’apôtre et en chacun de nos diocèses aquitains, particulièrement le nôtre, onze églises sont placées sous la protection de saint André, dont celles de Bayonne, Sauveterre-de-Béarn, Larceveau, Gotein, Castagnède, en une preuve de fidélité des croyants à cette personnalité singulière de l’Eglise.

En Ecosse, on plaça même les pubs et parfois certaines loges maçonniques sous le patronage de cette figure « orientale » des origines de la spiritualité chrétienne. La « fraternité » était à ce prix !

François-Xavier Esponde

Commentaires

Réagir
  1. Étienne ROUSSEAU-PLOTTO
    le 01/12/17 à 06h38

    C'est gentil d'avoir illustré votre article avec la couverture du livre de mon oncle, Alexandre Vladimirovitch Plotto, qui aura 98 ans le 27 mai prochain (calendrier grégorien), né à Sébastopol en Russie, aujourd'hui à Paris.


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.