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la lettre du Pays-Basque

Exposition

100e anniversaire des Années Folles de la mode à Biarritz

Paule Rizz et Mimi d'Arcangues, mannequins chez Chanel 1958 © DR

(Cliquez sur le 1er visuel " A droite, la mère de Michel d'Arcangues, Mimi d'Arcangues, mannequin chez Chanel" pour voir le second "Coco Chanel à Biarritz") A l’occasion du 100e anniversaire des Années Folles 1919 - 2019, une exposition organisée par l’Association Biarritz Années Folles à la Crypte Sainte-Eugénie, invite à redécouvrir les lieux qui firent la mode à Biarritz où les plus grands couturiers Jean Poiret, Madeleine Vionnet, Jean Patou, Coco Chanel, Lucien Lelong, Cristóbal Balenciaga…  ont défilé dans la villégiature basque.
A cette époque, la belle cité balnéaire accueillait une foule bigarrée aux rythmes endiablés du jazz et du charleston. C’est à partir de 1919 que tout débuta : « La meilleure façon dillustrer cette époque, cest la mode. La libération de la femme commence par là », explique Serge Istèque, le président de lAssociation « Biarritz, Années folles ». En collaboration avec les élèves du lycée Ramiro Arrue de Saint-Jean-de-Luz, seront présentés des robes et des accessoires alimentés de récits techniques de petites mains de cette « folle » période.
Au début du siècle à Biarritz, le couturier Paul Poiret (1879-1944) avait libéré la femme de l’usage du corset, avant sa rivale Madeleine Vionnet qui possédait un luxueux magasin de mode à Biarritz ; il s’installa à côté de l’Hôtel du Palais dans une originale demeure en forme de cube blanc, la villa « Casablanca ». Cette dernière fut métamorphosée en show-room par le couturier qui enveloppait de volants et de drapés Sarah Bernhardt, Mistinguett. Une féerie orientaliste très à la mode en ce début de siècle. Ce feu d’artifice haute-couture se poursuivra avec les collections de Jean Patou (1887-1936), élégant et séducteur, grand rival de Coco Chanel, qui avait créé sa succursale à Biarritz dans les Années folles.
Voisine de l’Hôtel du Palais, avec vue sur l’océan, Gabrielle - surnommée Coco - Chanel avait débarqué sur la Côte Basque depuis Moulins où elle était chanteuse de music-hall grâce à son protecteur Étienne Balsan : à Biarritz, elle proposera à ses clientes des chapeaux qui sont des déclinaisons de ceux qu'elle fabrique pour elle-même et quelques amies. Au début, n'ayant pas de formation technique ni d'outils de fabrication, elle achète ses formes de chapeaux dans les grands magasins et les garnit avant de les revendre. La nouveauté et l'élégance de son style font que, bientôt, elle doit faire appel pour l’aider à sa tante Adrienne et à sa sœur Antoinette.
En 1909, Arthur Capel, son amant britannique surnommé Boy, lui prête les fonds nécessaires à l'achat d'une patente et à l'ouverture d’une boutique et d’un atelier à Biarritz. Le bâtiment de ces ateliers existe encore et abrite actuellement le restaurant (anciennement du « Petit Chalet ») dans la rue Gardères, près de la villa Larralde où elle résida. Entre son nouveau magasin de Deauville et sa maison de couture rue Cambon à Paris, la créatrice ne cessa de surprendre par son audacieux talent. Adepte du noir et du blanc structuré, Coco Chanel raccourcit au-dessous des genoux les jupes et propose d'élégants pantalons en jersey confortables  qui ne se froissent pas. Libérant le corps, abandonnant la taille trop serrée, elle inventa un nouveau style sobre et sophistiqué. Pour ses chemises en soie brodée, elle fit appel à l’atelier de l’artiste Maria Pavlovna de Russie, nièce du tsar Nicolas II, qui fut l’épouse du prince Guillaume de Suède avec qui elle eut un fils, le prince Lennart, propriétaire d’une villa à Biarritz. Malheureusement elle se sépara très vite de ce premier mari. Marie-Pavlovna revint souvent dans la station balnéaire où elle rencontrait également sa demi-sœur ,la belle princesse Nathalie Paley, future épouse du couturier Lelong qui était féru de tenues en jersey.
A cette époque, Chanel tomba amoureuse du frère de Marie-Pavlovna, le Grand-Duc Dimitri qui lui inspira son parfum le plus célèbre, le « Chanel n°5 ». Coiffée d’une coupe de cheveux courts à la place des chignons en pièces montées de boucles anglaises, vêtue de tailleurs confortables ou de larges pantalons, Coco Chanel collectionnait les amants les plus prestigieux. Ses créations furent ainsi portées par les plus célèbres actrices et les plus fortunées. La belle Aimée de Heeren, égérie entre autre du peintre Paul Helleu et qui offrait de si somptueuses fêtes à Biarritz, fut l’une de ses dernières amies et confidentes. Parmi les rares couturiers que Chanel appréciait figurait Cristobal Balenciaga : « Il a été le vrai couturier. il était capable de reconnaître les tissus, de les couper et de les coudre avec ses mains. Les autres n’étaient que des dessinateurs », affirmait la déesse de la mode. A l’âge de 22 ans, le jeune getariar Cristobal Balenciaga (né en 1895) avait ouvert sa première entreprise, devenue l'une des signatures de référence de la Haute-Couture. (Une exposition lui sera consacrée prochainement au Didam).
Ainsi, ces nouveaux couturiers offraient un rêve d’indépendance à la femme. Les lignes architecturées de  « liberté » inspirèrent une nouvelle écriture de la femme active que Karl Lagerfeld - qui posséda une villa à Biarritz - pérennisera avec le style Chanel.

Exposition « 1919 – 2019 : la Mode à Biarritz » du 11 mai au 23 juin à la Crypte Sainte-Eugénie. Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 14h à 18h30 (entrée libre). Vernissage vendredi 10 mai à 18h.

Grande soirée de Gala « La Java des Mémoires » à la Salle des Ambassadeurs du Casino de Biarritz vendredi 31 mai à 19h30, un programme d’exception pour cette nouvelle édition du Festival Biarritz Années Folles avec son spectacle musical. A noter les 1er et 2 juin : défilés de mode en centre-ville.

 

 

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